Cardinal Matteo Maria Zuppi avec Enrico Mentana - Le présent de l’Ukraine, l’avenir de nous tous.

Italianto
La guerre en Ukraine et le miroir de notre avenir. Imaginez vivre à une époque où les dystopies ne se limitent plus aux films ou aux romans, mais se déroulent autour de nous : le changement climatique, l’ascension vertigineuse de l’intelligence artificielle et maintenant, la guerre sur le sol européen. Dans une conversation puissante qui se déroule dans une salle historique italienne, deux voix majeures, l’une du monde de la foi et l’autre du journalisme, nous invitent à examiner non seulement la guerre en Ukraine, mais aussi la façon dont ses tremblements atteignent les espoirs, les valeurs et les fractures de notre société tout entière. Pour beaucoup, en particulier ceux qui sont nés après la Seconde Guerre mondiale, la paix en Europe semblait être une conquête permanente. La démocratie, la coopération internationale et la marche lente mais régulière vers l’égalité semblaient inébranlables. Pourtant, le conflit en cours en Ukraine a brisé cette certitude, exposant à quel point nos réalisations collectives sont fragiles. La guerre, autrefois considérée comme une relique du passé, est maintenant inconfortablement proche, nous rappelant que les leçons de l’histoire peuvent s’estomper si elles ne sont pas continuellement entretenues. La discussion se penche sur les raisons pour lesquelles nous avons normalisé les conflits lointains, mais avons du mal à accepter un conflit si proche de chez nous. Il ne s’agit pas seulement de géographie ; il s’agit de prendre conscience que nos institutions, nos valeurs et notre sens de l’unité ont besoin d’un entretien constant. La conversation établit un parallèle entre l’entretien d’un pont et la vigilance requise pour préserver la paix, la démocratie et la dignité humaine. Lorsque nous négligeons cet « entretien », les divisions, le localisme et les vieux préjugés refont surface, menaçant de défaire des décennies de progrès. Un thème frappant émerge : la crise de la mémoire et le danger de l’oubli. Alors que la génération qui a été témoin des horreurs de la dernière guerre mondiale s'estompe, la responsabilité de garder ces leçons vivantes s'alourdit. Sans mémoire active, la porte s’ouvre à l’indifférence, au racisme et à l’érosion des principes qui ont autrefois uni l’Europe. Les intervenants insistent sur le fait que les valeurs ne sont pas des trophées à mettre sous clé, mais des engagements vivants que nous devons redécouvrir et incarner, en particulier en temps de crise. Le rôle de la religion est examiné non pas comme un refuge privé, mais comme une force qui peut inspirer un sens renouvelé du « nous ». Les racines chrétiennes de la vision fondatrice de l’Europe sont évoquées, non pas pour exclure, mais pour souligner que la vraie foi exige un engagement envers le bien commun. La croyance et la laïcité, affirment-ils, ne sont pas des adversaires mais des partenaires dans la construction d’une société qui prend soin de tous, croyants et non-croyants. En se concentrant sur l’Ukraine, la conversation passe des grands principes aux réalités douloureuses. La guerre n’est pas une simple compétition entre égaux, mais une invasion, un cas clair d’agresseur et de victime. Ici, la possibilité de la paix est explorée, non pas comme un optimisme naïf, mais comme un espoir exigeant et coûteux qui nécessite du courage, du dialogue et la participation active de la communauté internationale. Les efforts humanitaires de l’Église sont mis en évidence, en particulier la lutte pour atténuer les souffrances des familles et des enfants déchirés par les conflits. À la fin, la discussion devient personnelle. Comment les gens ordinaires résistent-ils à la logique séduisante du « nous contre eux », que ce soit dans la guerre ou dans les débats sur la migration ? La réponse est un appel à intégrer le cœur, l’esprit et les mains, à penser, à ressentir et à agir. La vraie foi et la vraie citoyenneté se mesurent au refus d’être de simples spectateurs, à la volonté de travailler pour la justice et la réconciliation, et à l’effort continu de réparer les liens que la guerre et la peur ont rompus. Cette conversation est plus qu’une réflexion sur l’Ukraine ; c’est un défi pour repenser nos propres rôles dans la formation du présent et de l’avenir. À une époque où il est facile de se retirer dans l’isolement ou l’observation passive, il nous est rappelé que la paix, la solidarité et l’humanité partagée ne sont pas des acquis : ce sont des tâches pour chacun de nous, aussi urgentes aujourd’hui que jamais.
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Cardinal Matteo Maria Zuppi avec Enrico Mentana - Le présent de l’Ukraine, l’avenir de nous tous.

Cardinal Matteo Maria Zuppi avec Enrico Mentana - Le présent de l’Ukraine, l’avenir de nous tous.

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