Choc chinois 2.0 : les pays qui subissent la « pression chinoise »

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Imaginez que vous êtes le Vietnam ou l’Indonésie et que vous avez passé des années à construire des usines, à former des ouvriers, en rêvant de devenir la prochaine Corée du Sud. Puis vous découvrez que la Chine, au lieu de ralentir, accélère et risque de vous devancer avant même que vous ne puissiez vous lancer. Tout le monde pense que la croissance chinoise ne constitue une menace que pour l’Occident, mais ce sont les voisins de l’Asie qui subissent aujourd’hui le véritable choc. L'argument n'est pas que la Chine exporte trop, mais que son échelle gigantesque risque d'écraser la concurrence régionale avant même qu'elle ne puisse émerger. Il ne s'agit plus seulement d'une partie entre Pékin et Berlin : désormais, Jakarta, Hanoï et Bangkok sentent le souffle dans leur nuque et, dans certains secteurs, elles sont déjà à terre. Prenons l'exemple de Nguyen Van Binh, propriétaire d'une petite usine de composants électroniques à Hô Chi Minh-Ville. Jusqu'à il y a quelques années, il parvenait à vendre ses produits aux grands fabricants de smartphones, mais aujourd'hui, les clients préfèrent les fournisseurs chinois, qui proposent le même produit à des prix plus bas et avec des délais de livraison extrêmement courts. Nguyen explique : « Nous avons l'impression de devoir courir un marathon, mais la Chine part déjà à mi-parcours. » Le chiffre qui fait trembler les gouvernements d'Asie du Sud-Est est le suivant : entre 2015 et 2022, la part de la Chine dans les exportations mondiales des secteurs à faible et moyenne valeur ajoutée a augmenté de plus de 10 %, au moment même où la Thaïlande ou la Malaisie espéraient s'emparer d'une part du gâteau. Et il ne s'agit pas seulement du prix : la capacité logistique de la Chine, avec ses ports hyperconnectés et ses chaînes d'approvisionnement intégrées, rend la concurrence presque impossible. Autre exemple : en Indonésie, le gouvernement a investi des milliards pour attirer des entreprises du secteur de l'habillement. Résultat ? Beaucoup d’entre elles préfèrent rester en Chine, car elles peuvent passer de l’idée au prototype en quelques jours. La partie la moins racontée ? Les mêmes entrepreneurs chinois ouvrent des usines au Vietnam et au Cambodge, mais ils y apportent les mêmes pratiques et l'avantage d'échelle : ainsi, le « China shock » se multiplie au lieu de diminuer. Et tandis que l'on parle de découplage à Bruxelles ou à Washington, pour les travailleurs de Surabaya ou de Phnom Penh, le problème se pose ici et maintenant : des salaires qui stagnent, des opportunités qui s'envolent, le sentiment d'être toujours à la traîne. La phrase à retenir est la suivante : aujourd’hui, le véritable impact de la Chine ne se fait pas seulement à l’étranger, mais aussi parmi ses propres voisins, qui risquent de ne jamais pouvoir partir. Si vous pensez que ce point de vue a changé votre façon d’envisager le sujet, vous pouvez l’indiquer sur Lara Notes avec I’m In : choisissez s’il s’agit d’un intérêt, d’une expérience personnelle ou d’une conviction que vous considérez désormais comme la vôtre. Et si, demain, vous parlez à quelqu'un de la façon dont la concurrence chinoise anéantit les rêves industriels de Hanoï ou de Jakarta, sur Lara Notes, vous pouvez marquer ce moment avec Shared Offline : c'est votre façon de dire qu'une véritable conversation à ce sujet a vraiment eu lieu. Cette idée provient du Financial Times et vous a fait gagner plus d'une minute et demie de lecture.
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