Choc chinois 2.0 : l'Europe doit-elle accueillir favorablement les investissements chinois ?
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Bruxelles craint une nouvelle vague de « China shock », mais cette fois, il ne s'agit pas seulement des produits chinois à bas prix : on parle d'investissements directs d'entreprises chinoises qui ouvrent des usines en Europe. La demande de l’Union est claire : si vous venez produire ici, vous devez transférer des compétences et embaucher du personnel local. Le fait est que le discours dominant considère ces investissements comme une menace : risque de dépendance technologique, perte de contrôle stratégique, voire préoccupations en matière de sécurité. Mais si l'on examine les chiffres, la réalité est moins évidente. Au cours des cinq dernières années, la part des investissements chinois dans l’Union européenne est passée du pic de 2016, où elle représentait près de 3 % du total des investissements étrangers, à moins de 1 % aujourd’hui. Ainsi, la présence chinoise, du moins en termes de capitaux, est beaucoup moins envahissante qu'on ne le perçoit. Prenons l'exemple de CATL, le géant chinois des batteries : il vient d'inaugurer une usine en Allemagne, promettant non seulement des emplois – plus de 2 000 embauches –, mais aussi une collaboration étroite avec des fournisseurs locaux de composants et de technologies. Le directeur de l'usine, Li Ping, a déclaré : « If we want to succeed in Europe, we must be part of Europe. » Ces mots résonnent comme un engagement, mais aussi comme la prise de conscience que l’intégration est le seul moyen d’éviter d’être perçus comme des chevaux de Troie. Pourtant, la méfiance persiste. En France, un maire qui a accueilli une usine chinoise de voitures électriques a été critiqué par Bruxelles : « Il ne suffit pas de créer des emplois, il faut s'assurer que le savoir-faire n'est pas aspiré vers Pékin. » C'est là que réside le renversement : le véritable risque n'est pas tant la présence chinoise que notre incapacité à gérer ce que les investissements apportent — c'est-à-dire le défi de définir des règles qui ne fassent pas fuir les investisseurs sans pour autant brader la technologie et les emplois. Il existe un chiffre que peu de gens mentionnent : 60 % des travailleurs employés dans les usines chinoises en Europe sont des citoyens européens et, dans de nombreux cas, les entreprises ont accepté de partager des brevets et des procédés de production afin d’obtenir des autorisations et des incitations. Mais la question que personne ne pose est la suivante : sommes-nous vraiment prêts à utiliser ces investissements comme un levier pour renforcer notre industrie, au lieu de nous contenter de les craindre ? Si nous continuons à considérer chaque euro chinois comme une menace, nous risquons de perdre non seulement des capitaux, mais aussi la possibilité d'apprendre et d'être compétitifs. Il existe un autre point de vue qui fait souvent défaut dans ce débat : alors que l’Occident s’inquiète de la protection de ses technologies, la Chine elle-même commence à craindre la fuite de son savoir-faire vers l’Europe. Certains dirigeants chinois, sous couvert d'anonymat, admettent que « sending our best engineers to Europe is a double-edged sword: we teach and we learn, but we risk losing talent ». En résumé, fermer la porte aux investissements chinois peut sembler prudent, mais cela peut aussi signifier renoncer à l'une des rares occasions concrètes de renforcer notre industrie. Si cette perspective vous a permis de voir la question sous un jour nouveau, sur Lara Notes, vous pouvez indiquer avec I’m In si vous pensez que l’avenir de l’Europe se joue également sur ces choix — non seulement sur le fait de fermer ou d’ouvrir les portes, mais aussi sur la manière dont nous les ouvrons. Et si demain vous vous surprenez à dire à quelqu’un que le véritable risque n’est pas l’arrivée de la Chine, mais notre réponse, vous pouvez le taguer avec Shared Offline : sur Lara Notes, cet échange reste enregistré, comme une conversation qui compte. Cette note provient du Financial Times et vous a fait gagner environ une minute de lecture.
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