Les choses ne vont pas dans le sens de Donald Trump
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Un été de revers : la présidence de Donald Trump est sous pression.
Cet été marque un tournant pour Donald Trump, révélant une présidence sous pression croissante de toutes parts. Autrefois célèbre pour dominer les gros titres et plier les événements à sa volonté, Trump lutte maintenant contre des frustrations croissantes, tant au pays qu’à l’étranger.
Trois de ses promesses phares, à savoir mettre fin aux guerres en Ukraine et à Gaza et assurer un essor économique, sont sur des bases fragiles. Bien qu’il se vante de ses prouesses en matière de négociation, Trump s’est retrouvé dans une impasse en Ukraine, où ses attentes d’une paix rapide ont été anéanties par l’intransigeance de Vladimir Poutine. La frustration du président est devenue palpable alors que la Russie ignore ouvertement ses appels à un cessez-le-feu, allant même jusqu’à l’embarrasser en intensifiant ses attaques contre les villes ukrainiennes. La dernière initiative de Trump, qui a dépêché son envoyé pour des pourparlers directs à Moscou, a ravivé les espoirs d’un sommet à enjeux élevés, mais les perspectives restent incertaines. Pendant ce temps, le conflit de Gaza se poursuit, Trump étant de plus en plus mal à l'aise avec les actions militaires d'Israël, mais ne voulant pas rompre ouvertement avec ses dirigeants.
Sur le plan intérieur, le tableau économique est assombri par la volatilité. Les nouveaux tarifs audacieux de Trump, imposés à des dizaines de pays, ont ébranlé les marchés et menacent de faire grimper les prix à un moment précaire. Un récent rapport sur l’emploi, sombre, a incité Trump à se déchaîner, allant jusqu’à licencier le responsable des statistiques du travail, une décision sans précédent qui a déstabilisé les investisseurs et suscité des craintes quant à la politisation des données gouvernementales. Malgré l'arrivée d'un nouvel « âge d'or », la réalité est beaucoup moins rose, et Wall Street observe avec une inquiétude croissante.
Les défis politiques s'accumulent également. L'unité que Trump a commandée au sein de son parti s'érode. Les législateurs républicains sont confrontés à des électeurs en colère dans les mairies, en particulier à propos de son vaste programme législatif, et certains se distancient publiquement de ses décisions. L'emprise du président sur sa base est encore menacée par le scandale persistant de Jeffrey Epstein, qui refuse de disparaître. Les efforts pour étouffer la controverse n'ont fait qu'alimenter davantage de questions, car les histoires changeantes et les manœuvres juridiques de Trump maintiennent les gros titres en vie et enhardissent ses critiques au sein du parti.
Tout au long de cette période, le recours habituel de Trump au sens du spectacle et à la théâtralité médiatique, qu'il s'agisse d'explosions sur les réseaux sociaux, de menaces provocantes ou de tentatives de rediriger l'attention par des cascades, s'est avéré moins efficace que par le passé. Les efforts pour contrôler le récit se heurtent à la réalité de conflits mondiaux tenaces, d’une économie en plein essor et d’un parti qui commence à envisager son avenir au-delà de lui.
La confiance de Trump dans sa capacité à façonner la réalité, en répétant des récits favorables et en rejetant les faits défavorables comme étant « faux », est mise à l'épreuve comme jamais auparavant. Son approbation reste forte parmi ses principaux partisans, mais sa popularité plus large a baissé, et même ses alliés de longue date sentent que le vent peut tourner. L'été, qui était autrefois une saison lente à Washington, est devenu, pour Trump, un défi implacable, le président étant plus exposé à des forces indépendantes de sa volonté qu'à aucun moment depuis son retour au pouvoir.
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